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Le crédit aux ménages en 2017

Michel Mouillart, Professeur d’économie à l’Université Paris Ouest, a présenté, pour l’Observatoire des crédits aux ménages, le 30ème rapport annuel*. Le point majeur est l’augmentation significative de la part des ménages qui détiennent un crédit**.

 

Les ménages et le crédit

Après 8 années de baisses successives (2008-2016 : -6,2 points), le marché voit la part des ménages ayant contacté un crédit augmenter de 1,4 point, à 47,8%. Cette évolution n’est pas aussi importante sur le marché du crédit immobilier que sur celui du crédit à la consommation.

 

Le crédit à la consommation

Source : Observatoire des Crédits aux Ménages

En effet, c’est le crédit à la consommation qui booste le marché avec une augmentation de 1,7 point (27,2%). Un niveau qui revient à celui de 2012. Cette bonne santé vient principalement de l’augmentation de la part des ménages ayant obtenu un crédit auprès d’une banque ou d’un organisme de crédit (+1,1 point).

 

Le crédit immobilier

Source : Observatoire des Crédits aux Ménages

En ce qui concerne la part des ménages détenant au moins un crédit immobilier, l’augmentation est très modérée (+0,1 point). Cela vient de la hausse importante des prix de l’immobilier, conjuguée aux signaux négatifs donnés par le gouvernement concernant le soutien public au marché. C’est uniquement l’acquisition d’un autre logement qui permet cette hausse (+0,1 point). En effet, les autres indicateurs enregistrent une baisse ou une stagnation :

  • Acquisition d’une résidence principale : -0,2 point ;
  • Travaux sur le logement : -0,2 point ;
  • L’acquisition d’un autre bien immobilier stagne.

 

Perspectives 2018

En 2017, les ménages ont eu le sentiment d’une amélioration de leur situation financière : +2,7 points, à 12,5%, depuis 2014. Il y a même 49,7% des ménages ayant recours au crédit qui considèrent le poids de leur charge de remboursement supportable ou très supportable, contre 47,3% en 2014. Ces deux points s’expliquent par un regain d’optimisme, des taux d’intérêt historiquement bas et une évolution positive du pouvoir d’achat.

C’est donc tout naturellement que les intentions de souscription de crédits (immobilier et de consommation) se maintiennent à des niveaux importants : respectivement 5 et 3,9%.

Selon Michel Mouillart, la part des ménages ayant souscrit à au moins un crédit devrait continuer de progresser positivement. Cependant, le marché du crédit immobilier devrait rencontrer des difficultés et revenir à un niveau d’avant 2016, année exceptionnelle. C’est encore le crédit à la consommation, porté par la réalisation de projets patrimoniaux et d’amélioration du cadre de vie, qui devrait maintenir le dynamisme du marché.

 

* Enquête réalisée par l’Observatoire des Crédits aux Ménages, en novembre 2017

** Crédits immobilier et crédits à la consommation